Don du sang: la science avant les préjugés

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Montréal, le 9 septembre 2010 - Suite à la décision de la Cour supérieure de l'Ontario concernant un homme gai qui aurait caché son orientation sexuelle en remplissant le questionnaire des donneurs de sang, la Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida (COCQ-SIDA) tient à réaffirmer sa position à l’effet que toute décision portant sur l'exclusion de donneurs potentiels de sang doit être basée sur la science et non pas sur les préjugés ou la peur.

Depuis le début des années 1980, le don du sang par des hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes est interdit, d’abord par la Société de la Croix Rouge du Canada et ensuite par ses successeurs, la Société canadienne du sang et Héma-Québec. Des militants gais s'opposent à cette exclusion à vie et insistent sur le fait que l'évaluation doit porter sur les comportements d'une personne et non pas sur son identité ou son orientation sexuelle.

En mai 2010, les docteurs Mark Wainberg et Norbert Gilmore écrivaient dans le Journal de l'Association médicale canadienne qu’il était maintenant nécessaire de revoir l’exclusion à vie des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, à la lumière de la compréhension actuelle de la réalité médicale du VIH et du sida et compte tenu des avancées scientifiques dans le domaine du dépistage.

« La COCQ-SIDA soutient les réflexions d'Héma-Québec qui ont pour objectif de remettre en question l'actuelle exclusion à vie afin d’identifier une potentielle exclusion qui serait basée sur les données scientifiquement valables, toujours dans l'optique d'assurer la sécurité et l’approvisionnement du sang. », souligne Michel Morin, directeur adjoint à la COCQ-SIDA. « Cependant, Il est important de souligner que nul ne peut accepter qu'une personne mente sur un questionnaire de ce type, de tels comportements ne servant qu'à mettre en péril l'efficacité et la sécurité du système de don du sang ».