Les services d'injections supervisées: un service de santé de compétence provinciale

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Montréal, le 11 mai 2011 - Le 12 mai 2011, la Cour suprême du Canada entendra des arguments dans une cause qui décidera de l’avenir du service d’injections supervisées de Vancouver, InSite, et, par le fait même, de l’avenir de tout service de cette nature dans la province du Québec.

« Dans cette cause, la vie des personnes qui consomment des drogues par injection et leur droit d’accès à un service de santé sont en jeu », affirme Ken Monteith, directeur général de la COCQ-SIDA, « Le gouvernement fédéral semble privilégier son idéologie conservatrice au détriment du bien-être de cette population et de leur entourage ».

Les données probantes le démontrent et les spécialistes sont d’accord : les services d’injections supervisées sauvent des vies, réduisent le nombre de seringues laissées sur la voie publique, réduisent le nombre d’injections dans les espaces publics, assurent un lien vers les ressources de réadaptation, rejoignent les personnes marginalisées, sans que la criminalité n’augmente ni que la paix du quartier n’en soit affectée.

Ces services ont non seulement reçu un avis favorable de l’Institut national de santé publique du Québec, mais figurent également parmi les priorités du Programme national de santé publique. Et parce que le ministre de la Santé du Québec, M. Yves Bolduc, s’abstient de prendre toute position tant que la décision de la Cour suprême ne sera pas rendue, l’ouverture de ces services à Montréal et à Québec est compromise.

Le gouvernement fédéral prétend que d’éventuelles questions légales concernant les services d’injections supervisées passent avant les prérogatives de santé ; nous croyons au contraire qu’il s’agit d’abord et avant tout d’une question de santé publique et que celle-ci appartient aux provinces et à leurs gouvernements, tel que décidé par les deux instances de la Colombie-Britannique. Personne ne s’attend à ce que le gouvernement fédéral finance quoi que ce soit dans le domaine ; « la seule chose que nous exigeons est que le gouvernement fédéral laisse travailler les différentes instances de santé provinciales et les organismes communautaires pour le bien-être de leurs citoyens » ajoute M. Monteith.

Nous espérons vivement que la Cour suprême du Canada saura reconnaître ce fait et permettra aux personnes qui consomment des drogues par injection d’avoir accès aux soins de santé qui leurs reviennent de droit.