Où en est l'engagement du gouvernement fédéral ?

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Journée mondiale du sida
Où en est l’engagement du gouvernement fédéral ? 

Montréal, le 1er décembre 2011 — En cette journée mondiale du sida, les organismes communautaires de lutte contre le VIH/sida sont sans nouvelle du programme de financement du gouvernement fédéral, le Programme d’action communautaire de lutte contre le sida, pourtant vital aux efforts de prévention et de soutien à la qualité de vie des personnes touchées par le VIH/sida. La Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida (COCQ-SIDA) demande que le financement actuel soit reconduit et qu’un soutien soit accordé aux groupes non financés pour l’année 2012-2013.

En effet, le financement actuellement en cours se terminant le 31 mars 2012, un appel de dépôt de projets pour accéder au nouveau financement devait être fait « d’ici la fin novembre », selon une promesse en date du 22 novembre de la part de l’Agence de Santé publique du Canada. Les organismes n’en ont eu, à ce jour, aucune nouvelle.

« Ce financement est très important pour les groupes de lutte contre le VIH, à travers tout le Canada, » indique Ken Monteith, directeur général de la COCQ-SIDA. « Nous voulons que le gouvernement fédéral suive un processus clair et juste, respectueux des réalités des organismes communautaires et qui assure la stabilité nécessaire à la poursuite des stratégies d’intervention auprès de communautés souvent marginalisées. »

Le financement dont il est question ici représente une bonne portion des budgets des groupes, depuis de nombreuses années, et assure des ressources humaines qu’ils craignent de perdre, devant l’incertitude quant à la continuité du financement. En l’absence d’information fiable, les rumeurs sont nombreuses et nuisent véritablement à la capacité de planification des organismes.

Si l’appel pour le dépôt de projets sortait aujourd’hui, il est plus qu’improbable que le processus d’évaluation et d’approbation puisse s’achever d’ici la fin du financement actuel. Dans un processus beaucoup plus simple de prolongation de financement de projets, en 2009, les acceptations avaient été rendues in extrémis, un jour ou deux avant la date à laquelle les projets devaient débuter. Pour cette année, un processus plus compliqué devrait être réalisé, et ce, en moins de temps.

« Nous ne comprenons pas que le gouvernement agisse à la dernière minute dans un dossier que nous anticipons depuis deux ans », ajoute Ken Monteith. « Il est clair que nous sommes loin d’être prioritaires dans l’agenda du gouvernement actuel, mais il faut souligner que le rôle du gouvernement fédéral dans cette lutte a toujours été important et nous n’acceptons pas qu’il soit si incohérent quant à ses responsabilités en matière de santé des citoyens. »

Aujourd’hui, la COCQ-SIDA demande expressément au gouvernement fédéral d’adopter, pour l’année 2012-2013, une stratégie plus réaliste, en prolongeant le financement des projets actuels et en prévoyant d’offrir un soutien aux groupes non financés à ce jour. Cependant, il faudra absolument revenir, à long terme, au système de financement renouvelable aux quatre ans, afin d’assurer la stabilité de la réponse communautaire à la pandémie du VIH.