Burundi, une situation insoutenable qui menace la vie de milliers de personnes vivant avec le VIH. Le Canada doit réagir.

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Montréal, 27 mai 2015 – La COCQ-SIDA, membre fondateur de Coalition PLUS, exprime sa solidarité avec la population burundaise et son inquiétude et soutien aux partenaires de l'ANSS, qui risquent chaque jour leur vie pour maintenir le service d'accès aux traitements pour les personnes vivant avec le VIH. Persuadés qu'une solution diplomatique est encore possible pour mettre fin au chaos qui s'installe à Bujumbura, nous appelons Stephen Harper à réagir.

La dérive autocratique du pouvoir en place au Burundi continue de générer de graves instabilités dans le pays, en particulier dans la capitale Bujumbura. On y voit de plus en plus de manifestations réprimées dans la violence. Le président Pierre Nkurunziza n’en démord pas et briguera l’investiture présidentielle pour un troisième mandat attisant ainsi, encore plus, la colère du peuple. L'ANSS, partenaire de COCQ-SIDA au sein de Coalition PLUS, constate déjà les graves conséquences de cette situation sur la population, sur les libertés fondamentales et l'accès aux traitements des personnes vivant avec le VIH. Les affrontements entre civils et forces progouvernementales ont déjà fait des dizaines morts et des centaines de blessés. Les principaux médias et moyens de communication ont été suspendus. L'accès aux services de première nécessité est devenu quasi impossible vu qu’ils sont principalement situés dans les zones de conflit. Ce qui est le cas pour le personnel de l’ANSS qui ne peut se rendre au travail, tout comme les personnes vivant avec le VIH qu’il dessert. Le travail des associations de lutte contre le sida et de défense des droits de la personne s'en trouve dangereusement entravé menaçant à court terme la vie de milliers de personnes séropositives.

« Certains traitements sont déjà en rupture de stock », explique Jeanne Gapiya, présidente de l'ANSS Burundi. « Quant à ceux qui sont encore disponibles, les réserves sont estimées à un mois maximum. Si la situation perdure, des milliers de malades n'auront bientôt plus accès au traitement qui sauve leur vie. » À Bujumbura il est de plus en plus difficile d'accéder aux centres de prise en charge, les moyens de communication et de transport étant très altérés. À Kirundo, l'ANSS a dû interrompre provisoirement ses services en raison des manifestations. Partout dans le pays, les antennes de l'association connaissent de sérieuses difficultés d'approvisionnement.

Dans ce contexte particulièrement dégradé, nos partenaires font leur possible pour garantir un service minimum, assurant tant bien que mal consultations pédiatriques et renouvellements d'ordonnance sur leurs différents sites. Mais ils ne pourront bientôt plus pallier toutes les urgences. « La Maison de la Joie, qui héberge des enfants porteurs du VIH et en difficulté thérapeutique, nous préoccupe particulièrement. Située à Musaga dans la périphérie sud de Bujumbura, elle est en effet en plein cœur des affrontements. Il faudra très rapidement évacuer ces enfants en lieu sûr », poursuit Jeanne Gapiya.

Le sida est un problème majeur de santé publique au Burundi. Ce pays de 10 millions d'habitants est en situation d'épidémie généralisée, avec plus de 2,5% de prévalence au VIH. À elle seule, l'ANSS assure le suivi et l'accès aux traitements de plus de 5000 personnes.

Le Canada et la communauté internationale ne peuvent plus se permettre de considérer la situation burundaise avec indifférence. COCQ-SIDA et Coalition PLUS appellent Stephen Harper à tout mettre en œuvre pour qu'une issue diplomatique soit rapidement trouvée, afin d'empêcher une catastrophe humaine et sanitaire.