Charge virale et transmission du VIH, un consensus provincial salué par la COCQ-SIDA

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Montréal, le 18 juin 2014 - La COCQ-SIDA salue le consensus d’experts publié par l’Institut national de santé publique du Québec et appuyé par un avis du Ministère de la Santé et des Services sociaux. Ce consensus stipule qu’à charge virale indétectable et sous certaines conditions, le risque de transmission du VIH au sein des couples sérodifférents (l’un des partenaires est séropositif), qu’ils soient de même sexe ou non est réduit à un niveau qualifié de « négligeable ou très faible » pour des activités qui étaient précédemment considérées à risque élevé.

En 2008, la Commission fédérale pour la santé sexuelle, en Suisse a émis le même type d’avis. C’est donc six ans plus tard que nos instances de santé se prononcent sur le sujet; un peu conservatrices, tel que leur rôle l’exige, mais toujours en avance sur les instances fédérales et celles des autres provinces canadiennes.Par ailleurs, il est clair que ce consensus québécois se base sur des données scientifiques probantes et non pas, comme nous le voyons trop souvent dans le domaine du VIH/sida, sur la peur et la désinformation. 

Un tel consensus établit des balises claires pour les couples sérodifférents et leur permet enfin de savoir ce qui doit être fait pour préserver la santé de chacun des partenaires et pour réduire le risque de transmission du VIH. Le consensus est sans équivoque : cette diminution du risque s’applique autant aux couples hétérosexuels qu’homosexuels. Du moment qu’ils répondent aux six conditions émises par le consensus, ces couples peuvent mettre en place des stratégies de prévention qui conviennent à leur situation, que celles-ci incluent ou non le condom.

Évidemment, nous sommes conscients que les couples sérodifférents ne représentent qu’une petite portion de l’ensemble des personnes concernées par le VIH. Qu’en est-il des personnes vivant avec le VIH qui ne sont pas en couple? Malheureusement, pour l’instant, rien n’a été affirmé, mais nous croyons tout de même qu’elles puissent y voir une lueur d’espoir. Quant au grand public, ce consensus pourra, nous l’espérons, entrainer une meilleure compréhension de l’efficacité des traitements anti-VIH sur le risque de transmission.

Ce consensus est un pas en avant qui nous rassure sur les intentions de nos instances publiques de santé de baser leur décision sur les données scientifiques les plus récentes. Ainsi, nous sommes confiants et travaillerons à ce que ce consensus évolue et qu’éventuellement, des balises claires soient établies pour tous et toutes.

Un sommaire du consensus d'experts et a summary of the expert consensus ont été rédigés.