Découvrez la nouvelle campagne provinciale du milieu communautaire VIH : « Le VIH n’est pas une barrière entre nous »

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Montréal, mardi 28 novembre 2017 — À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, le milieu communautaire de lutte contre le VIH et le sida1 lance une campagne, à la grandeur du Québec, dans le but d’informer la population québécoise des avancées scientifiques qui permettent d’affirmer qu’aujourd’hui, plus que jamais auparavant, le VIH ne doit pas être une barrière aux relations affectives et sexuelles.

Au cours des cinq dernières années, les résultats de recherches scientifiques ont ravivé l’espoir de pouvoir mettre fin à l’épidémie du VIH et du sida dans les pays occidentaux2. L’une de ces études, HPTN052, a démontré, au sein de 1763 couples sérodifférents (l’un des partenaires est séropositifs et l’autre pas) majoritairement hétérosexuels, que le traitement anti-VIH réduisait le risque de transmission du VIH de 96 %. Une étude semblable, PARTNER, a suivi 1228 couples sérodifférents (888 couples hétérosexuels et 340 couples homosexuels) sur une période de 4 ans : des 58 000 relations sexuelles sans condom non protégées observées, on a dénombré seulement 11 cas de transmission du VIH (moins de 2 %). De plus, l’analyse du type de VIH contracté a permis de conclure que ces 11 personnes avaient été infectées à l’extérieur du couple3.

« Ces résultats ne font que confirmer ce que nous observons depuis longtemps, » souligne Ken Monteith, directeur général de la Coalition des organismes communautaires de lutte contre le sida (COCQ-SIDA). « Les personnes vivant avec le VIH qui maintiennent une charge virale indétectable, du fait de la prise d’un traitement contre le VIH efficace, ne transmettent pas le virus. »

Pour Jacques, qui vit avec le VIH depuis plus de 20 ans, ces données sont « ce qui pourrait permettre, enfin, d’avoir un impact sur la peur associée au VIH et de faire en sorte que la population cesse de rejeter les personnes vivant avec le VIH ». Il poursuit : « cette nouvelle campagne veut sensibiliser la population sur les faits que l’épidémie du VIH n’est plus ce qu’elle était et que les traitements, en plus de sauver la vie des personnes séropositives, rendent impossible la transmission du virus. Il serait dommage que le VIH soit ce qui empêche le développement de belles relations ».

Cette campagne se veut un message d’espoir pour toutes les personnes séropositives qui vivent constamment dans l’angoisse de transmettre le virus à leur partenaire. D’admettre que le VIH ne se transmet pas — lorsque ces personnes maintiennent une charge virale indétectable depuis plus de six mois due à la prise, sans manquer de doses, d’un traitement contre le VIH efficace et à un suivi médical régulier — fait en sorte que le VIH, aujourd’hui plus que jamais, ne doit pas être une barrière aux relations affectives et sexuelles.


1Cette campagne est le fruit d’un travail de collaboration de plusieurs organismes de lutte contre le VIH et le sida, de diverses régions du Québec, et sous la direction de la Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida (COCQ-SIDA).

2On précise en Occident, car ce sont ces pays qui ont les ressources pour mettre fin à l’épidémie du VIH et qu’il y a de forte chance que ce soit au sein de ces pays que l’éradication aura lieu en premier.

3Ces infections ont eu lieu dans un contexte où la charge virale de ces personnes n’était pas bien contrôlée.