Voyages à l'étranger

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Si voyager vous passionne, ce n’est pas le fait de vivre avec le VIH qui vous en empêche. Toutefois, il est important de savoir que, malheureusement, certains pays peuvent encore vous interdire l’entrée sur leur territoire à cause du VIH, y compris pour de très courts séjours. Même le Canada a certaines restrictions pour les séjours de plus de six mois. Il est donc sage de s’informer des restrictions en vigueur avant de planifier un voyage, de même que des mesures prises pour restreindre l’entrée des personnes vivant avec le VIH dans ces pays. Ainsi, il vous sera plus facile de décider de visiter ou non l'un de ces pays. Ces restrictions se font néanmoins de plus en plus rares.  La Chine a également modifié sa politique en enlevant toutes ses restrictions.

Le site Internet HIV Travel offre une information détaillée et généralement à jour quant aux restrictions toujours en vigueur concernant les personnes vivant avec le VIH dans certains pays

La présente capsule vous fournit quelques astuces si vous désirez voyager, quelles que soient les restrictions du pays visité, et clarifie la situation de l’accès au territoire américain, puisque les États-Unis ont modifié leur politique sur le VIH en janvier 2010.

  1. Les médicaments
  2. Les assurances
  3. La politique américaine
  4. Et la Chine?

1. Les médicaments

En premier lieu, il est interdit de mentir sur le transport transfrontalier de médicaments, y compris ceux délivrés sur ordonnance. Si on vous demande de déclarer vos médicaments aux douanes, vous devez donc le faire, à défaut de quoi vous risquez des poursuites criminelles. Les médicaments devraient toujours être identifiés à votre nom, avec les coordonnées de la pharmacie et le nom du médecin (des informations que l’on retrouve sur les contenants et sur les documents fournis par le pharmacien) et transportés dans le bagage à main, afin d’en faciliter l’inspection. Un certificat médical ou une lettre du médecin dans la langue du pays ou à défaut en anglais peut être requis pour justifier le transport de ces médicaments.

Les restrictions sur la quantité de médicaments varient d’un pays à l’autre. Ainsi, il peut être possible d’amener jusqu’à 90 jours de médicaments dans certains pays, alors qu’ailleurs les quantités permises sont plus limitées. Il est donc important de s’informer avant de planifier un voyage.

Si vous vous vous rendez dans un pays restreignant l’entrée des personnes vivant avec le VIH et que les autorités responsables de l’immigration soupçonnent votre statut sérologique, il est probable que l’entrée dans ce pays vous sera refusée. Si vous décidez tout de même de vous rendre dans un tel pays, vous pouvez demander à votre médecin de vous fournir un certificat médical ou une lettre en anglais expliquant que les médicaments sont pour un traitement chimiothérapeutique ou un déficit immunitaire, explications à la fois exactes et vagues. Vous pouvez aussi demander à votre pharmacien de vous fournir les médicaments en bouteilles génériques avec une étiquette qui indique le nom scientifique, le nom du patient et la posologie, afin que le nom courant des médicaments ne soit pas reconnu. Sachez toutefois que ces stratégies pourraient être considérées comme une tentative de détournement des restrictions à l’entrée du pays et donner lieu à des poursuites judiciaires.

Notez que les stratégies suivantes sont déconseillées :

  • Voyager avec des médicaments qui ne sont pas identifiés – démarche comportant le risque d’être accusé de trafic de stupéfiants;
  • Expédier ses médicaments en avance à une connaissance sur place – démarche compliquée comportant par ailleurs le risque que les médicaments n’arrivent pas à destination;
  • Se débrouiller pour se procurer ses médicaments sur place – la RAMQ ne rembourse pas l’achat de médicaments à l’étranger ;
  • Notez qu’il est fortement déconseillé, d’un point de vue thérapeutique, d’interrompre son traitement sans l’avis d’un médecin.

Pour un complément d’information à ce sujet, consultez : Questions médicales – FAQ (site gouvernemental canadien)

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2. Les assurances

Les soins couverts à l’étranger par la RAMQ sont limités. Ainsi, comme tous les voyageurs, les personnes vivant avec le VIH peuvent préférer prendre une assurance voyage couvrant leurs soins à l’étranger. Cependant, certaines assurances voyage limitent ou excluent complètement la couverture des soins reliés au VIH. Il est donc important de vérifier la liste de conditions préexistantes prévues au contrat avant d’adhérer à une assurance, et de bien comprendre la couverture offerte en cas de problèmes de santé reliés au VIH pendant le séjour.

Par ailleurs, si vous quittez le Québec plus de 183 jours (six mois) dans l’année civile, consécutifs ou non, vous devez en aviser la RAMQ. Si vous quittez le Québec pour étudier ou travailler, votre couverture restera intacte durant les moments où vous serez sur le territoire québécois, et ce, indépendamment de la longueur du séjour à l’étranger. Sinon, vous ne serez pas couvert du tout durant toute cette année civile. Par exemple, si vous quittez le Québec en avril pour plus de 183 jours, vous devrez rembourser les frais encourus par la RAMQ durant les mois de janvier à mars et les services reçus à votre retour. Une exception spéciale existe tous les sept ans, c’est-à-dire que vous pouvez partir plus de 183 jours dans une année civile UNE FOIS tous les sept ans, sans que cela nuise à votre couverture.

Ces dispositions étant assez complexes, nous vous invitons à contacter la RAMQ pour avoir plus d’information avant de planifier un long séjour à l’étranger.  

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3. La politique américaine

Depuis le 4 janvier 2010, les États-Unis ont complètement éliminé les restrictions d’entrée sur le territoire américain pour les personnes vivant avec le VIH. En effet, le VIH a été retiré de la liste des Communicable Diseases of Public Significance, puisqu’il ne s’agit pas d’une maladie contagieuse. Il n’y a donc plus aucune restriction reliée au VIH, ni pour les voyages ni pour l’immigration. Les visas ou dispenses spéciales, qui depuis 1987 devaient être accordés aux personnes vivant avec le VIH désirant entrer légalement aux États-Unis, ne sont plus requis.

La mesure étant en vigueur depuis plusieurs années, les douaniers américains savent probablement que les restrictions ont été abolies. Si vous éprouvez des difficultés avec un douanier en raison de votre statut sérologique, demandez à parler à un superviseur.

Visa, dispense ou refus d’accès

Une difficulté peut survenir si vous aviez fait une demande de visa ou une dispense spéciale sous l’ancien régime, ou encore si vous vous étiez fait refuser l’accès au territoire américain en raison du VIH. En effet, le visa ou la dispense à votre nom figurera toujours à votre dossier américain. Or, ce visa ou cette dispense, encore en vigueur pour d’autres maladies (comme la tuberculose ou d’autres maladies contagieuses), ne mentionne pas précisément quelle maladie était visée. Un douanier pourrait donc vous demander une preuve selon laquelle vous n’avez aucune des maladies contagieuses de la liste des Communicable Diseases of Public Significance.

Nous avons consulté les autorités douanières américaines pour connaître la marche officielle à suivre dans cette situation. Il n’en existe pas, cependant une directrice de l’agence des douanes américaine recommande les précautions suivantes :

  • Si vous avez une copie de la demande d’exemption et/ou de visa, en amener un exemplaire;
  • Si vous n’avez plus ces documents, demander au médecin ayant signé la demande d’exemption ou de visa de vous signer une lettre, en anglais, affirmant qu’il avait rempli ce formulaire de demande de visa ou d’exemption en raison du VIH uniquement, et indiquant la date approximative de cette demande;
  • Si vous n’avez plus de contact avec le médecin ayant signé ce document, demander à votre médecin traitant de signer une lettre en anglais expliquant que vous avez le VIH, mais aucune autre maladie transmissible d’importance pour la santé publique;
  • En cas de difficulté, malgré ces documents, demander au douanier de parler à un supérieur afin que celui-ci vérifie que le VIH était la seule raison qui restreignait votre entrée sur le territoire américain.

Il est à noter que les documents mentionnés ci-dessus ne doivent être utilisés que si un douanier vous pose des questions concernant des restrictions relatives à votre santé. Il est fort probable que le douanier vous laisse passer sans aucune vérification. Dans le cas contraire, montrer lesdits documents devrait vous permettre d’entrer plus facilement aux États-Unis. Pour plus d’information, vous pouvez aussi consulter le site travel.state.gov .

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4. Et la Chine ?

Le 28 avril 2010, la Chine a levé l’interdiction d’entrée sur son territoire aux visiteurs étrangers vivant avec le VIH. Cette modification ne touche pas l’immigration. Il ne devrait donc plus y avoir de tests sanguins inopinés aux douanes chinoises. Compte tenu du manque d’information liée à l’application de cette mesure et des interprétations parfois extensives des lois en Chine, il n’est cependant pas recommandé de dévoiler votre statut sérologique ou d’afficher celui-ci (par le port du ruban rouge, par exemple).

Macao et Hong-Kong ont leurs propres règles d’entrée sur leurs territoires et n’opposent aucune restriction aux personnes vivant avec le VIH.

Bon voyage !

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 VIH info droits ne donne ni avis ni conseil juridique.

Les informations contenues dans cette capsule ne sont donc pas destinées à conseiller le public et ne remplacent pas les services d’un avocat. Bien que nous effectuions un suivi des développements juridiques, nous ne pouvons garantir que l’information présentée ici soit à jour.

La COCQ-SIDA ne peut être tenue responsable des dommages pouvant résulter de l’utilisation de l’information contenue dans cette capsule.