Immigration et accès aux soins

– RĂ©sumĂ© de l’initiative
Les personnes vivant avec le VIH qui ont un statut d’immigration temporaire ou prĂ©caire au QuĂ©bec se heurtent Ă des obstacles majeurs dans l’accès aux soins de santĂ© et aux traitements antirĂ©troviraux (TAR). Depuis 2017, une partie non nĂ©gligeable des personnes nouvellement diagnostiquĂ©es avec le VIH ne sont pas couvertes par l’assurance maladie gouvernementale au QuĂ©bec (RAMQ) en raison de leur statut d’immigration. Â
Le but de ce projet de recherche est d’identifier les trajectoires de soins, ainsi que les barrières et les facilitateurs Ă l’accès aux soins pour les personnes migrantes qui n’ont pas accès Ă une assurance publique.Â
– Objectifs et buts de l’initiative
- Documenter l’état de l’accès aux soins des personnes vivant avec le VIH et ayant un statut d’immigration temporaire ou prĂ©caireÂ
- Identifier des solutions Ă court terme pour permettre l’accès au traitement et aux soins de ceux qui n’ont pas de couverture santĂ© ou une couverture limitĂ©e en raison de leur statut d’immigrationÂ
- Explorer des stratĂ©gies pour Ă©tablir une couverture maladie universelle au QuĂ©bec pour les personnes vivant avec le VIH dans cette situationÂ
- DĂ©velopper un projet de recherche plus completÂ
Le rĂ´le de cette initiative pour mettre fin Ă l’Ă©pidĂ©mie de VIH
- Promouvoir le travail en collaboration pour une population spĂ©cifique entre les organisations communautaires, les cliniques et les institutionsÂ
- AccroĂ®tre l’accès aux traitements et aux soins pour que les personnes atteignent une charge virale indĂ©tectable afin de contribuer Ă la rĂ©duction de la transmission du VIHÂ
- RĂ©tablir l’un des droits fondamentaux des personnes, quel que soit leur statut d’immigration : l’accès aux soins de santĂ©.Â
– Les obstacles et les facilitateurs Ă l’accès aux soins
Un total de 24 professionnel·les issu·es du milieu communautaire, de diverses universités, de cliniques de santé et d’autres institutions ont été interrogé·es lors d’entrevues et de groupes de discussion. Le but était de mettre en évidence les obstacles et les alternatives à l’accès aux soins pour les personnes migrantes sans RAMQ.
Certains obstacles sont directement liés aux différents statuts d’immigration, qu’ils soient administratifs, politiques, structurels et/ou financiers. Cependant, ce projet a démontré qu’il y a d’autres barrières qui ne sont pas directement liées au statut d’immigration. Par exemple, le manque de connaissance des prestataires de soins de santé concernant les réalités de l’immigration peut avoir un impact sur les soins de santé des personnes immigrantes. De plus, les personnes ayant un statut d’immigration temporaire ou précaire manquent également de connaissances sur les services existants et ont de la difficulté à naviguer dans le système de santé québécois.
Les alternatives d’accès aux soins de santé existent grâce au travail bénévole et à la bienveillance de professionnel·les de la santé. L’accès gratuit au suivi des analyses sanguines est plus complexe, mais a été rendu possible dans certains cas grâce à des collaborations entre institutions. Par conséquent, l’accès aux traitements est généralement un « collage » de solutions temporaires proposées par des médecins, des pharmacien·nes et des particulier·ères. Cependant, ces alternatives demeurent limitées par manque de ressources financières et humaines, et elles se heurtent à des obstacles administratifs, structurels et politiques.
Pour un complément d’information, on vous invite à consulter le rapport « L’accès aux soins et aux antirétroviraux pour les personnes vivant avec le VIH sans considérer le statut d’immigration ».
– La trajectoire de soins des personnes migrantes vivant avec le VIH
Entre 2022 et 2023, la COCQ-SIDA a effectué une série d’entrevues semi-dirigées envers des personnes migrantes vivant avec le VIH participantes du Cercle Orange. Ces entretiens, effectués par des pair·es chercheur·euses, elles et eux aussi participant·es du Cercle Orange formé·es pour l’occasion, avaient pour but de dessiner les barrières et les facilitateurs de l’accès aux soins pour ces personnes. Ces témoignages, recueillis en français, en anglais et en espagnol, ont permis de mettre en évidence le parcours de santé des personnes n’ayant pas accès à la RAMQ. Parmi les sujets abordés, nous pouvons citer le manque d’information et la complexité du système de santé québécois, les inquiétudes et la stigmatisation dans le milieu de la santé dues au statut migratoire, ainsi que la nécessité du travail effectué par les organismes communautaires.
Ces donnĂ©es ont fait l’objet d’une prĂ©sentation par affiche pendant la confĂ©rence AIDS 2024 (en anglais).
Ce projet n’aurait pas été possible sans le travail des pair·es chercheur·euses, ainsi que de Just Massicotte, stagiaire de recherche.
Les principaux⋅ales cochercheur·euses
Ken Monteith (COCQ-SIDA), Christina Zarowsky (UdeM), Charlotte Guerlotté (COCQ-SIDA), Tanguy Hedrich (COCQ-SIDA)
Pour un complément d’information
Consultez la présentation « Améliorer l’accès aux soins et aux traitements pour les personnes vivant avec le VIH au statut d’immigration précaire ou temporaire au Québec » réalisée, en juin 2021, dans le cadre des Conférence-midi de l’Institut universitaire SHERPA (aussi disponible en format vidéo).
Consultez l’affiche présentée dans le cadre d’AFRAVIH 2020, en novembre 2020 : « Améliorer l’accès aux soins de santé et aux traitements antirétroviraux (TAR) pour les personnes vivant avec le VIH au statut d’immigration précaire ou temporaire au Québec (Canada) »
Check out the presentation offered in English at the 29th Canadian Conference on HIV/AIDS Research in May 2020: “Barriers to Access to Antiretroviral Treatment and Care for People Living with HIV and with Precarious Immigration status”. Vous pouvez aussi communiquer avec la coordination de la recherche communautaire.

